Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire
Musée virtuel du Canada

Témoignages


Première rencontre avec Borduas
Françoise Sullivan
Séquence vidéo
Durée : 3 minutes 40 secondes
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Borduas et son sens de la communication
Fernand Leduc
Séquence vidéo
Durée : 1 minute 28 secondes
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Image d'entête : Fernand Leduc et Françoise Sullivan. Photo Luc Bouvrette.


TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO

Saisie d'écran de l'entrevue de Françoise Sullivan

Première rencontre avec Borduas
Françoise Sullivan

La première rencontre avec Borduas date du mois de novembre de 1941. C’est à cause de Pierre Gauvreau qui avait participé à une exposition d’étudiants et Borduas avait tellement été surpris et bien surpris des oeuvres de Pierre Gauvreau qu’il a voulu le rencontrer, lui a téléphoné et Pierre lui a demandé s’il pouvait amener quelques amis qui seraient sûrement intéressés à le rencontrer. Alors, nous sommes tous arrivés un beau mardi soir à son atelier de la rue Mentana et la rencontre a été extraordinaire. L’atelier était tout blanc avec seulement une chaise et un chevalet et des tableaux contre le mur que Borduas nous a montrés, nous assis par terre. Et il nous a parlé de la peinture, de sa manière de procéder. Et puis, il nous a parlé du surréalisme, d’André Breton, de Pierre Mabille, par exemple, et du livre que Pierre Mabille avait écrit sur les civilisations. Il nous a parlé longtemps, tard dans la nuit des civilisations et comment la nôtre approchait de sa fin. Et on était vraiment très émus par sa façon très claire et très intérieure, sa façon très belle, très émouvante de nous parler. Parce qu’on était des petits étudiants tous jeunes qui étaient n’importe quoi, quand même. Alors, nous sommes sortis de cette visite vers les trois, quatre heures du matin, complètement pâmés, émus et en se disant : « mais mon Dieu, il faut que ça continue. C’est le professeur que l’on aurait dû avoir ». Et il nous a invité à revenir dans quinze jours. Il avait déjà un groupe d’étudiants du Collège Brébeuf qui suivait le Père Hertel, François Hertel, et qui venait quelques fois chez lui les mardis soir. Quelques-uns montraient leurs dessins qu’il critiquait devant nous. Alors, nous allions à ces rencontres. Et je peux vous dire que cela a été le début du groupe des Automatistes.


TRANSCRIPTION DE LA VIDÉO

Saisie d'écran de l'entrevue de Fernand Leduc

Borduas et son sens de la communication
Fernand Leduc

Borduas aimait beaucoup s’entourer et communiquer. Il avait le sens de la communication, et il avait en somme un peu réponse à tout, si vous voulez. Du moins, il avait ses réponses à lui. Si on parlait de la vie sociale, de la vie de couple, parce qu’on parlait de tous ces problèmes-là, il répondait à travers sa propre expérience. Mais il avait la possibilité de répondre et de nous informer de façon précise, je dirais même exaltante. Parce qu’en plus de la communication, il avait un regard profond et fascinant. Alors, devant lui on avait envie de se jeter dans son regard. Ça c’est curieux. Ça c’est curieux, mais, avec une telle possibilité de communication qui était une sorte de séduction aussi.

Portrait de Françoise Sullivan.

Françoise Sullivan


Françoise SULLIVAN (1925- )

Artiste multidisciplinaire, elle passa de la peinture, à la danse, à la sculpture (lorsqu’elle eut des enfants), pour revenir à la peinture, à laquelle elle s’adonne toujours. C’est en bonne partie avec elle que la danse moderne fit son entrée au Québec. Détentrice d’un doctorat honorifique remis par l’Université du Québec à Montréal, elle poursuit encore aujourd’hui une carrière très active.

Portrait de Fernand Leduc

Fernand Leduc
Fernand LEDUC (1916-2014)
Peintre qui a, comme Borduas, beaucoup écrit. Il a fait, depuis plus de quarante ans, ce qu’il appelle des microchromies : de mystérieuses toiles d’une seule et même couleur. Du bleu au vert, en passant par le gris et le jaune, c’est partagé entre le Québec, la France et l’Italie qu’il a poursuivi ses explorations.